Macron, En Marche pour l’Europe ?

By May 29, 2018EU

By Maelle Lelardic

Le 10 mai dernier, Emmanuel Macron recevait le prix Charlemagne des mains de la chancelière allemande, Angela Merkel « récompensant sa vision forte pour l’Europe » et son engagement pro-Européen, à contre-courant de l’euroscepticisme ambiant qui s’installe dans l’Union. A l’issue de cette remise de prix, le président français a rappelé sa vision de l’Europe. Ce discours, comme celui prononcé à la Pnyx, à la Sorbonne et au Parlement européen, se basait sur quatre « convictions » comme quatre « commandements » : « ne soyons pas faibles », « ne nous divisons pas», « n’ayons pas peur », « n’attendons pas », a exhorté le président français qui cherche à s’imposer comme le leader fort d’une Europe unie et démocratique.

Et selon Emmanuel Macron, l’avenir de l’Europe passe par la voix des citoyens. Dans son discours à Athènes en septembre dernier, le président français estimait qu’au sein de l’Union européenne, la souveraineté, la démocratie, la confiance était en danger. Il avait alors proposé d’organiser des consultations démocratiques dans tous les pays européens en amont des élections européennes de mai 2019 – c’était aussi une de ses promesses lors de la campagne présidentielle début 2017. Le 17 avril dernier, il lançait en France la première « consultation citoyenne » – l’occasion pour les Français de s’exprimer pendant 6 mois sur ce qu’ils attendent de l’Europe – initiative dupliquée dans tous les pays de l’Union. Les conclusions de ces consultations seront ensuite débattues entre chefs d’état et de gouvernement lors du Conseil européen programmé au mois de décembre 2018.

Le président français est apprécié dans les cercles bruxellois pour son ardeur à défendre l’Europe mais aussi pour son charme et sa capacité à enthousiasmer les citoyens de l’Union. Mais plusieurs critiques se font déjà entendre. Certains pays l’accusent de défendre avant tout les intérêts de la France en Europe. Emmanuel Macron ne s’en cache pas : s’il croit très fortement en une Europe souveraine, il est aussi convaincu que pour redonner une place à la France – ce pourquoi il a été élu –  il a besoin d’une Europe forte. Mais seul face à une montée du populisme, ses chances sont minces d’y arriver. Alors saura-t-il mobiliser ses homologues et les citoyens européens suffisamment pour redresser le cap de l’Union d’ici la fin de son mandat ?