L’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la France, une victoire pour la France et pour l’Europe

By May 9, 2017EU, FR-homepage

By Ana-Isabel Llacayo and Agathe van de Plassche

Dimanche 7 Mai 2017, Emmanuel Macron a gagné l’élection présidentielle avec une majorité confortable (66,06%) face à son adversaire Marine Le Pen (33,94%), candidate du Front National. Bien que cette élection ait résonné à travers l’Europe et jusqu’en Outre Atlantique, elle a été marquée par une participation assez faible de 74,62% au second tour. Depuis hier, Emmanuel Macron entame une semaine cruciale aux côtés du président sortant, François Hollande, jusqu’à la cérémonie de passation des pouvoirs qui aura lieu dimanche prochain.

Les quatre points à retenir de la victoire du jeune politicien français :

1.L’Europe, un point central de son programme

La persistance des problèmes économiques et industriels en France, de même que la montée du Front National, ont fait de cette campagne 2017 un véritable référendum sur l’Europe et la mondialisation. Face aux critiques acharnées de Marine Le Pen à l’encontre de L’Union Européenne, Macron a su affirmer ses valeurs et projets réformateurs pour redynamiser l’élan européen, et ce en mettant l’accent sur l’unité plutôt que le repli identitaire. De par ses fortes convictions européennes, le président élu a à la fois ravi et redonné confiance aux leaders européens.

2.Le recul de l’extrême droite, mais un populisme bel et bien vivant

Bien que la défaite de Marine Le Pen soit réelle, le Front National a tout de même progressé de façon conséquente depuis l’élection présidentielle de 2012. Une fois de plus, les Français ont montré leur refus de voir arriver au pouvoir de la France, le Front National, aujourd’hui incarné par Marine Le Pen et anciennement mené par son père Jean-Marie Le Pen, dont l’extrémisme avait déjà été freiné par un front républicain au second tour de l’élection présidentielle de 2002. En revanche, le populisme persiste et cela se démontre également par la montée de l’extrême gauche, dont les résultats ont été historiques au premier tour. Le responsable du parti, Jean-Luc Mélenchon, a rappelé au lendemain des élections que le nouveau président Macron n’a pas été élu par un vote d’adhésion.  Ainsi, les revendications faites par les électeurs dénonçant les conséquences « de la mondialisation » déterminera la capacité de Macron à régir et à réformer efficacement le marché du travail.

3.La République en Marche vers les élections législatives

L’énergie de Macron doit à présent se concentrer sur l’obtention d’une majorité absolue à l’Assemblée Nationale lors des prochaines élections législatives les 11 et 18 juin 2017. Bien que Macron souhaite qu’une large majorité de ses députés incarne le renouvellement par leur adhésion à son parti « En Marche ! ». Il espère tout de même bénéficier du soutien des politiciens du parti socialiste et du parti conservateur, les Républicains. Par ailleurs, certains ont déjà exprimé leur soutien et intérêt, sachant qu’il ne leur est pas demandé de quitter leur parti d’origine. Le Pen a déclaré dimanche soir qu’elle souhaitait s’imposer en tant que la « réelle force d’opposition » à Macron, malgré qu’il soit peu probable qu’elle parvienne à rassembler de nombreux députés, compte tenu des réalités du système électoral à deux tours.

4.Réformiste ou guérisseur?

Macron semble capable de pouvoir faire face aux problèmes économiques et sociaux de la France de par son programme réformateur et ambitieux. Cependant, s’il souhaite éviter une opposition paralysante, marquée par des grèves et manifestations ayant bloqué les tentatives de réformes antérieures, un certain nombre de compromis devront être pris en considération. Dans son discours de victoire, il a exprimé dimanche soir aux sympathisants, devant le Palais du Louvre, qu’« une majorité votant pour le changement » l’avait élu président, avant d’avoir reconnu que « ce ne sera pas facile tous les jours ».

Le programme d’Emmanuel Macron peut se lire ici et les prochaines étapes politiques de la France se trouvent ci-dessous :

  • (Normalement) 14 mai : Annonce du Premier ministre
  • 15 mai : 1er jour de mandat du président élu
  • 11 juin: 1er cycle des élections législatives
  • 18 juin: 2ème cycle des élections législatives